Poèmes à lire et à regarder

Dimanche

Des poèmes mis en image. Chacun se lit dans sa langue, se traduit au fil du défilement et se dessine pendant qu’on le lit.

Cinq poèmes, cinq mondes

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Lieben ist gut: denn Liebe ist schwer.

Le texte
Le 14 mai 1904, depuis Rome, Rilke répond au jeune Franz Xaver Kappus, qui lui a envoyé ses vers. Il y parle de la solitude, de l’amour comme un long apprentissage, et d’une humanité nouvelle de la femme.
L’auteur
Rainer Maria Rilke (1875-1926), poète de langue allemande né à Prague, auteur des Élégies de Duino et des Sonnets à Orphée.
L’inspiration
Le trait d’Egon Schiele, et un peu celui de Modigliani : graphite et sanguine sur papier, des corps nerveux, anguleux, à peine posés.
Où lire
En librairie : Lettres à un jeune poète, Grasset, collection « Les Cahiers rouges ». En allemand : Briefe an einen jungen Dichter, Insel Verlag.
Où voir
Les dessins et les toiles de Schiele à Vienne : Leopold Museum et Albertina.
I

Lettres à un jeune poète, septième lettre

Rainer Maria Rilke · Rome, 1904 · allemand, traduit en français

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Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

Le texte
Un sonnet des Poèmes saturniens (1866) : le poète rêve souvent d’une femme inconnue, qui l’aime et le comprend, et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même ni tout à fait une autre.
L’auteur
Paul Verlaine (1844-1896), poète français, maître de la musique du vers, l’une des figures du symbolisme.
L’inspiration
Le rêve éveillé de Salvador Dalí et d’Odilon Redon, tiré en cyanotype : un bleu de Prusse où les visages se dissolvent.
Où lire
En ligne : Wikisource. En librairie : Poèmes saturniens, en poche chez Poésie/Gallimard ou au Livre de Poche.
Où voir
Dalí au Théâtre-musée de Figueres, en Catalogne (Fondation Gala-Salvador Dalí) ; Redon au musée d’Orsay, à Paris.
II

Mon rêve familier

Paul Verlaine · Poèmes saturniens, 1866 · la langue du rêve, traduite en vers

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Frères humains, qui après nous vivez

Le texte
Écrite vers 1462, sans doute dans l’attente de la potence : les pendus eux-mêmes s’adressent aux vivants, « Frères humains », et leur demandent de prier pour eux.
L’auteur
François Villon (vers 1431 - après 1463), poète parisien, étudiant, voleur et banni, dont on perd la trace en 1463.
L’inspiration
Le monde de Jérôme Bosch : corps fragiles, oiseaux noirs, ciels d’apocalypse, et la minutie des primitifs flamands.
Où lire
En ligne : Wikisource. En librairie : Villon, Poésies, en poche chez GF Flammarion ou Poésie/Gallimard.
Où voir
Le Jardin des délices et La Charrette de foin au Museo del Prado, à Madrid.
III

La Ballade des pendus

François Villon · vers 1462 · moyen français, traduit en français d’aujourd’hui

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Todas as cartas de amor são
Ridículas.

Le texte
Un poème signé Álvaro de Campos, daté du 21 octobre 1935, quelques semaines avant la mort de Pessoa : toutes les lettres d’amour sont ridicules, mais plus ridicules encore ceux qui n’en ont jamais écrit.
L’auteur
Fernando Pessoa (1888-1935), poète de Lisbonne aux nombreux hétéronymes (Caeiro, Reis, Campos), chacun avec sa voix et sa vie.
L’inspiration
Le cubisme analytique de Picasso et sa Jeune fille à la mandoline (1910) : le visage et la lettre éclatés en facettes ocre et grises.
Où lire
En portugais : Arquivo Pessoa. En français : Pessoa, Œuvres poétiques, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade.
Où voir
Jeune fille à la mandoline au MoMA, à New York ; le cubisme de Picasso au musée national Picasso-Paris.
IV

Todas as cartas de amor são ridículas

Álvaro de Campos (Fernando Pessoa) · 1935 · portugais, traduit en français

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Quoth the Raven, “Nevermore.”

Le texte
Par une nuit de décembre, un homme en deuil de Lénore reçoit la visite d’un corbeau qui ne sait dire qu’un mot : « Nevermore ». Paru en 1845, traduit en prose par Mallarmé en 1875.
L’auteur
Edgar Allan Poe (1809-1849), poète et conteur américain, maître du fantastique, révélé en France par Baudelaire et Mallarmé.
L’inspiration
Les lames du Tarot de Marseille, comme celui de Nicolas Conver (1760) : un bois gravé imprimé en noir, des couleurs posées au pochoir.
Où lire
En anglais : Project Gutenberg. La traduction de Mallarmé : Wikisource.
Où voir
Des tarots anciens au musée Français de la Carte à Jouer, à Issy-les-Moulineaux.
V

The Raven

Edgar Allan Poe · 1845 · anglais, traduit par Stéphane Mallarmé

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Le texte original défile. Chaque phrase se traduit en français en passant le milieu de l’écran.

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Un dessin naît pendant la lecture, dans le style d’un artiste choisi pour chaque poème.

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